Elle reprit ses esprits de longues minutes plus tard, réveillée par les voix et l'agitation autour d'elle.
Elle identifia rapidement les uniformes des policiers mais elle remarqua aussi d'autres personnes qui prenaient des notes, des photos, peut-être des journalistes, collègues de Julie.

La salle de bain avait été scellée et un homme empêchait strictement toute incursion dans la pièce avant l'arrivée du médecin légiste. Le téléphone portable de Julie et la lettre codée avaient déjà été récupérés et portés au laboratoire pour analyse. En apercevant les yeux ouverts de Madame Taravel, il s'approcha d'elle.

- Bonjour Madame, je suis l'inspecteur David. Puis-je vous poser quelques questions ?

Pendant que la femme, encore sous le choc, tentait de raconter ce qu'elle avait vu, un des policiers interpella l'inspecteur :

- Chef ! ça y est, nous avons la liste de ces derniers appels. Avant hier soir, elle a appelé à deux reprises Claude Gentil, son frère. Elle a laissé un message à chaque fois sur son répondeur, lui demandant de la rappeler pour qu'il s'explique. Hier soir, elle n'a passé qu'un seul coup de fil, à un certain Pierre-Jean De Laroche. Elle semblait affolée et demandait également qu'il l'a rappelle de toute urgence. Apparemment, elle n'avait pas que des amis cette femme !

- Vous ne croyez pas si bien dire, reprit un homme derrière lui. C'était Mario Morrizo le directeur du journal. La semaine dernière, à la rédaction, nous avons reçu plusieurs lettres d'insultes à son égard. J'connais des centaines de restaurateurs parisiens qui ont de bonnes raisons d'en vouloir à sa peau.

- Pierre-Jean n'est pas un restaurateur, poursuivit Madame Taravel. C'est son ami, son compagnon, enfin, vous me comprenez. Mais, peut-être qu'il ne l'est plus car ça fait quelques semaines que je ne le vois plus avec madame le samedi matin.

- Et bien, on avance... retrouvez moi ce Pierre-Jean et son frère Claude, lança David à deux de ses hommes.