Comme tous les samedis matin à neuf heures, Madame Taravel venait faire deux heures de repassage chez Julie. Pour ne pas réveiller la journaliste qui raffolait des grasses matinées, elle possédait un double des clés. L’appartement de Julie était suffisamment grand pour qu’elle s’installe à repasser sans réveiller sa patronne. Ce matin pourtant, elle était bien décidée à ne pas la laisser dormir trop longtemps. En effet, Julie n’avait pas payée la pauvre femme depuis deux semaines. En entrant, Madame Taravel fut d’abord surprise de trouver les lumières allumées et les habits de Julie éparpillés dans l’entrée. Ce n’était pas le genre de sa patronne. Persuadée que Julie était réveillée, elle hurla : - Bonjour Madame Gentil, c’est moi, cria gaiement la femme. Mais elle n’obtint aucune réponse. Après ces deux heures de repassage, elle était en colère de ne pas avoir vu Julie et se dit même que celle-ci cherchait à l’éviter pour ne pas la payer. Elle avait été patiente, mais là, elle avait vraiment besoin de cet argent pour l’anniversaire de son petit dernier. Elle traversa le couloir et vit la porte de la salle de bain entre-ouverte. Malgré le jour, la lumière était encore allumée. Elle appela plusieurs fois sans réponse. Madame Taravel commença à sentir une sensation étrange au creux de l’estomac. Elle hésita, quelques instants, puis poussa doucement la porte. Le spectacle qui se présenta à ces yeux était d’une telle horreur que la femme fut pris d’un violent malaise. Le jacuzzi, qui bouillonnait encore, était entièrement teinté de rouge. Un corps de femme gisait, inerte, au milieu de l’eau. Ce corps n’avait plus ni tête, ni mains. Madame Taravel hurla de toutes ses forces avant de s’effondrer, évanouie. |