Pour échapper aux ordres de son père et aux cris de sa belle-mère, Simon s’était réfugié comme souvent dans un coin caché de la grange. Là, il respirait quelques instants, se reposait souvent et s’y endormait même parfois. Depuis quelques mois, il prenait davantage plaisir à s’y réfugier pour y retrouver son seul ami, celui qu’il avait surnommé Drago. Au hasard, d’une promenade dans les bois, il avait découvert ce drôle d’animal au pied d’un arbre mort, à peine éclos de son œuf. Il l’avait caché dans sa veste, puis installé confortablement dans la paille de réserve cachée en haut de la grange. Il croyait avoir trouvé un gros lézard, mais l’animal ne cessait de grandir et depuis peu, d’étranges ailes poussaient sur son dos. Simon allait avoir de plus en plus de mal à le cacher. Drago adorait son maître et était très affectueux avec lui.

- Simon ! Simon ! hurlait une voix au loin

La voix se rapprochait et Simon craignait qu’on ne découvre sa cachette. Il préféra descendre pour aller au devant de son père. En guise de bonjour, il reçut une violente tape sur la tête.

- Où étais-tu fainéant ? Cela fait des heures que je t’appelle. Ta mère veux que tu ailles au puits pour remplir la réserve d’eau et après tu me couperas le bois pour la semaine et feras le feu…

- Mais papa… commença à supplier, Simon.

- Il n’y a pas de « Mais », rétorqua son père, cette peur du feu est ridicule à ton âge. Tu dois aider à toutes les tâches même celles qui ne te plaisent pas ! Et puis, ce n’est pas la peine d’aller te reposer ensuite, j’aurais d’autres travaux à te donner. Dépêche-toi !

Depuis que son père s’était remarié avec cette femme laide et acariâtre que Simon devait appeler « Mère » à contre-cœur, son père n’était plus celui qu’il avait connu petit enfant.
Un homme qui le faisait sauter dans ses bras, qui l’emmenait en promenade sur son cheval, qui le câlinait.

Depuis quelques temps, son cœur s’était encore durci, il donnait à Simon de plus en plus de travail, y compris celui qu’il redoutait le plus : s’occuper du feu.